Le noma

Le noma est une affection gangreneuse foudroyante qui se développe dans la bouche des enfants de 2 à 12 ans et ravage les tissus du visage. Ses causes sont principalement la malnutrition et le manque d’hygiène buccale.

La maladie survient essentiellement en Afrique et dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine.

Sans traitement, le noma est mortel dans 80% des cas et laisse les survivants dans un état de mutilation insoutenable. Les enfants défigurés sont généralement exclus de la communauté. On les empêche d’aller à l’école ou de prendre part à la vie sociale de leur village par crainte de contagion – inexistante – ou du mauvais oeil auquel est attribué cette maladie dans les communautés locales.

Bien qu’on la connaisse depuis longtemps, il n’a jamais été possible d’identifier un agent causal précis. En revanche, si la stomatite ulcéro-nécrotique qui précède le noma est détectée à temps, il est possible avec des antibiotiques d’enrayer la maladie du noma.

Pour remédier à cela, la Fondation finance depuis 1999 une équipe de chercheur de l’UNIGE et des HUG (GESNOMA – Geneva StudyGroup on Noma). Cette équipe a réussi, grâce à un travail de longue haleine, à mettre en évidence le point de départ de la maladie, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités à une stratégie de prévention.

En collaboration avec l’Association d’Entraide des Mutilés du Visage (AEMV) et la fondation Sentinelles, la Fondation Hirzel finance annuellement des missions de chirurgie réparatrice pour enfants victimes du noma.

En 2016, la Fondation a financé un centre santé et réinsertion à Bamako pour enfants victimes du noma.

Le projet de «Formation des tradipraticiens»

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Les tradipraticiens sont présents sur tous les continents. En Occident, on les appelle parfois «chamanes», «gourous», «marabouts» ou même sorciers en confondant des personnes bien différentes en ce qui concerne leurs activités, leur histoire, leurs croyances et leurs origines. En réalité, les tradipraticiens sont des soignants qui tentent d’apporter leur aide aux populations locales. Pour la plupart, ils ont appris l’art de guérir auprès d’un maître ou l’ont hérité de leurs ancêtres. En Afrique de l’Ouest, et en particulier au Mali, les tradipraticiens représentent le premier recours en cas de problème de santé pour 80% de la population. En ce qui concerne leurs traitements, certains utilisent essentiellement des herbes médicinales, d’autres exercent leur art par des massages ou des manipulations. Il faut préciser que, si leurs traitements à base d’herbes et de décoctions peuvent être utiles pour différentes maladies, ils ne le sont certainement pas pour le noma qui requiert une prise en charge médicale urgente et intensive avec hydratation, support nutritionnel et administration d’antibiotiques. Par ailleurs, il semblerait que les connaissances des tradipraticiens à l’égard de cette maladie soient plus que limitées, voire inexistantes.

Les tradipraticiens sont des acteurs importants et respectés dans la vie des communautés rurales maliennes et il devient indispensable de les intégrer dans le processus de prise en charge des enfants atteints de noma. Il est urgent de mettre en place une formation adéquate de ces soignants qui puisse leur permettre de reconnaître précocement les cas de noma afin de pouvoir les adresser rapidement à une structure apte à les prendre en charge médicalement et chirurgicalement (Centre New Face).

La Fondation Hirzel soutient un projet de formation pour les tradipraticiens de trois régions du Mali. Ce projet se réalise en étroite collaboration entre le groupe de recherche genevois (GESNOMA) et New Face au Mali. Une première étape a déjà été réalisée et celle-ci a permis de dispenser cette formation à 185 tradipraticiens de la région de Kayes. Il est prévu de continuer dans d’autres régions du Mali. De plus, des supports écrits, sous forme de posters seront réalisés. Ces derniers pourront être utilisés pour l’enseignement aux élèves tradipraticiens auprès de leur maître, mais aussi comme explications pour les mères des enfants malades et finalement pour des actions d’information et sensibilisation de la population.